Pascal Perrier, éleveur et amoureux de la viande de qualité

Côté élevage > Bovin viande
Par Guillaume Perrin, le 17/02/2015
 
Rencontre avec Pascal Perrier, éleveur de vaches allaitantes à Ognes.
 
Pascal Perrier
Pascal Perrier, 30 ans d'élevage bovin.
© G. Perrin


Une Parthenaise et son veau
Les Parthenaises occupent une place de choix dans le cheptel de Pascal Perrier
© G. Perrin


 

Ses parents élevaient des vaches, alors Pascal Perrier, 50 ans, a rapidement su qu’on lui transmettrait le flambeau. Il s’était installé en famille en 1984, avant de reprendre l’exploitation quatorze ans plus tard « par amour des vaches ». De 20 vaches et 26 ha de cultures, la ferme prend progressivement du volume, jusqu’à compter aujourd’hui environ 150 bovins et plus de 150 ha, partagés en betteraves fourragères, pommes de terre de consommation, luzerne, et bien d’autres.

Marié, Pascal Perrier a deux enfants. Âgé de 17 ans, l’un d’eux pourrait bien succéder à son père. Mais comme le dit l’adage populaire : « les études d’abord !  ». En effet, le fiston prépare un bac technologique au lycée agricole de Sainte-Maure (Aube). L’éleveur assure également la représentation de sa profession à l’extérieur, puisqu’il fait partie du Syndicat charolais Marne-Ile de France.

La Parthenaise, un choix rare

C’est au moment d’augmenter son cheptel bovin que Pascal Perrier se pose la question de la race à introduire dans son élevage. Nous sommes en 2009, et l’exploitation compte 40 têtes. « J’ai évalué différentes races qui pouvaient mieux valoriser la viande qu’une Charolaise. J’hésitais entre la Blonde d’Aquitaine et la Parthenaise, une vache un peu plus docile dans la conduite et le vêlage, qui offre une viande tendre, savoureuse, et très persillée ».

Quelques inconvénients tout de même : cette race, particulièrement présente dans la région Poitou- Charentes depuis les années 1980, se montre moins rustique que la classique Charolaise, et cela se ressent sur la nécessité de préparer de la nourriture plus concentrée. Le temps de finition est également plus long (6 mois contre 4 pour une Charolaise), et il faut redoubler de vigilance concernant les menaces d’amaigrissement des vaches.

Trois jours passés dans les Deux-Sèvres au mois de septembre ont achevé de convaincre Pascal Perrier de choisir les Parthenaises pour renouveler et agrandir son cheptel. Trois semaines plus tard, ce sont cinq vaches pleines qui sont arrivées, aux côtés de 10 génisses âgées de 2 ans. En 2015, une douzaine de vêlages sont au programme.

Nouvelles vaches, nouveau confort

De nouveaux bâtiments sont sortis de terre en 2014, alors que les Parthenaises s’apprêtaient à débarquer à Ognes. « Je l’aurais construit de toute façon, mais c’était une bonne occasion », précise Pascal Perrier. En plus des 800 m² existants, l’exploitation se dote de deux logements supplémentaires, pouvant accueillir respectivement 20 vaches et leurs veaux, et 38 génisses. C’est le dernier investissement de Pascal Perrier, qui lui a coûté environ 50 000 euros, sans compter l’aménagement des installations.

Ressources locales pour alimentation optimale

Pour ses vaches, Pascal Perrier utilise les ressources que la nature lui offre. Tourteau de colza, tournesol, pulpes de betterave surpressées…la méthode est classique dans la Marne. Point fort dans cette exploitation d’Ognes : la proximité de la sucrerie Tereos de Connantre et de l’usine de déshydratation APM Déshy à Pleurs. Pascal Perrier, adhérent de ces deux structures, leur fournit de la luzerne et de la betterave, et a la possibilité de récupérer une partie de sa production sous forme de granulés et de pulpe déshydratée pour la consommation de ses bêtes.

Valorisation par la vente

De 2000 à 2007, l’éleveur allait jusqu’à vendre à la ferme des caissettes de viande issue de vaches charolaises. Mais cela constituait une lourde tâche dans un emploi du temps bien chargé, que Pascal Perrier assume seul* en ce qui concerne l’élevage. Cela étant, l’homme n’est pas du genre à laisser de côté ses idées : « je prépare pour le printemps 2015 l’inauguration d’un point de vente collectif à Aÿ, qui sera ouvert les jeudis, vendredis et samedis. Avec quatre autres producteurs, nous vendrons à un coût raisonnable nos aliments produits en région afin que ceux-ci soient mieux valorisés auprès du public. Évidemment, je serai le spécialiste de la viande bovine ! ».

*En réalité, Pascal Perrier est accompagné par un berger australien nommé Iceberg, qui « a ça dans le sang » !