Geoffrey Orban : « la connaissance augmente le plaisir »

Par Guillaume Perrin, le 24/12/2018
Geoffrey Orban : « la connaissance augmente le plaisir »Selon le charismatique consultant Geoffrey Orban, le développement de la « culture champagne » est un excellent moyen de valoriser le consommateur tout en stimulant l’économie champenoise.
  • Geoffrey Orban estime que « le consommateur est le premier ambassadeur champenois ». © Archive Educavin
Selon le charismatique consultant Geoffrey Orban, le développement de la « culture champagne » est un excellent moyen de valoriser le consommateur tout en stimulant l’économie champenoise.
 

Depuis les analyses de parcelles, jusqu’aux conseils sur les assemblages, en passant par des recommandations d’accords mets et vins : peu de thématiques échappent à l’expertise de Geoffrey Orban. Ce consultant de 44 ans, ambassadeur français du champagne 2006, côtoie les vignerons et surtout ceux qui consomment leurs produits.
Avec une vision « du terroir à l’assiette – car tout est lié », l’avis de Geoffrey Orban permet de prendre de la hauteur sur les tendances et la demande des consommateurs.
Le premier problème, estime l’expert, est que « très peu de personnes possèdent une culture champenoise. Mais les choses changent depuis les années 90 : après des débuts timides, certains vignerons aux pratiques alternatives et disposant d’une aura non négligeable ont commencé à chatouiller l’export ».
De quoi changer la donne face aux maisons qui occupaient l’essentiel de la communication champenoise. « Les vignerons qui manipulent ont commencé à le faire savoir, alors qu’auparavant, il existait un dogme consistant à ne pas parler de terroir. Et pour comprendre ce dernier, il faut comprendre la Champagne ». Cependant, prévient Geoffrey Orban, « tous les producteurs n’ont pas le même but, et tout le monde n’est pas forcément capable de parler de la typicité d’un terroir  ».

La deuxième révolution vigneronne

Pourquoi diable parler de terroir à des personnes parfois très éloignées des galipes ? « Je me suis rendu compte que posséder davantage de connaissances aidait à renforcer l’attachement au produit, et cela concerne aussi bien les champagnes du vignoble que ceux du négoce. C’est également valable pour tous types d’expressions sensorielles, dès qu’il y a une histoire à raconter  ».

Et Geoffrey Orban de citer l'exemple des Belges, « une clientèle à part  », qui ont su développer cette «  culture champagne  ». C’est au tour des Américains de s’y mettre, « mais il a fallu les faire venir ici, grâce aux vignerons qui exportent et concurrencent les grandes maisons, sans oublier le Printemps des Champagnes qui draine chaque année un impressionnant flot de visiteurs  ». C’est, pour le consultant, « la deuxième révolution vigneronne, centrée sur les terroirs, la diversité et la façon de consommer le champagne  ».
Sur le sujet de la culture, le fondateur d’Educavin estime que le Comité Champagne commence timidement à s’emparer de la question. « Le SGV a bien avancé, mais tout cela prend du temps. Si les vignerons ne sont pas là pour expliquer l’élaboration de leurs champagnes, notre terroir se banalise. On possède de réels éléments différenciants, et la Champagne conserve son aura : pourquoi ne pas l’accompagner d’une meilleure connaissance du produit ? Si on veut vraiment montrer une différence et justifier un tarif plus élevé, cela passe par la façon de faire savoir que l’on a un temps d’avance sur tous les points ».
Donner trop d’informations, n’est-ce pas semer la confusion chez les consommateurs de champagne les moins avertis ? « Livrer des données techniques brutes de décoffrage, cela représente peut-être une contrainte, concède Geoffrey Orban. Mais personnellement, je préfère avoir plus d’informations, ce qui incite les gens à se poser les bonnes questions, plutôt que de lire des banalités lues et relues. Libre à chacun d’aller plus loin ! ».
« On fait la Champagne tous ensemble, conclut Geoffrey Orban : chaque professionnel, avec son historique, amène ses propres clés de lecture. Mais le consommateur participe aussi ! C’est le premier ambassadeur champenois, celui qui boit le champagne et qui sait pourquoi il le fait partager ».


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