Un site web pour faciliter l'échange de parcelles viticoles

Par Guillaume Perrin, le 06/02/2017 (mis à jour le 07/02/2017 à 17:13)
Un site web pour faciliter l'échange de parcelles viticolesLes Marnais Mickaël Jacquemin et Vincent Barbier ont lancé fin novembre le site web Echangeparcelle.fr, un outil au service des agriculteurs et viticulteurs touchés par la problématique des parcelles éloignées du siège de leur exploitation.
  • Un outil « made in Marne » Mickaël Jacquemin, avec son associé Vincent Barbier, ont lancé Echangeparcelle.fr fin novembre.
    © G. Perrin
Les Marnais Mickaël Jacquemin et Vincent Barbier ont lancé fin novembre le site web Echangeparcelle.fr, un outil au service des agriculteurs et viticulteurs touchés par la problématique des parcelles éloignées du siège de leur exploitation.
 

Mariages, successions, opportunités… Les causes d’acquisition de foncier agricole et viticole ne manquent pas. Mais parfois, cela vire au casse-tête, du fait du morcellement du parcellaire. Mickaël Jacquemin et Vincent Barbier, créateurs du site Autoguidage.fr, ont donné naissance à un nouveau service, dont le nom ne laisse pas de place au doute : Echangeparcelle.fr. Cette page a été officiellement lancée le 29 novembre.
Le fonctionnement de ce site est simple. L’agriculteur s’identifie et crée son annonce, géolocalise sa ou ses parcelles considérées comme éloignées (de 0 à 30 km du siège de l’exploitation), et entre leur nom, leur surface et leur catégorie. La base de données calcule optimise ensuite les échanges pour procéder à la mise en relation des agriculteurs. Les propositions peuvent s’opérer « en cascade  », entre plus de deux professionnels, ce qu’un cerveau humain peut difficilement accomplir, au contraire d’un algorithme comme celui mis en place sur Echangeparcelle.fr. Enfin, un mail ou un SMS est envoyé entre les différentes parties concernées par un échange potentiel. Le travail de la plateforme s’arrête ici.
Le modèle économique du site repose sur la gratuité pour l’utilisateur, à l'inscription comme à la mise en relation. Car « plus on aura de parcelles, plus on pourra faire de propositions aux agriculteurs  », explique Mickaël Jacquemin. Ce sont des « partenaires privilégiés » qui contribuent au financement du site : centres de gestion, experts fonciers, assureurs, ou encore organismes consulaires sont mis en avant lors des échanges entre agrinautes pour « aller plus loin dans le service ».
Comme l’explique Mickaël Jacquemin, les raisons qui ont mené à la création d’un tel outil sont multiples. « Je suis concerné par le souci des parcelles éloignées sur mon exploitation. Mon père et moi avons pu conclure des échanges de parcelles longue durée, mais on coince au bout d’un moment par manque de réseau. L’objectif de cette plate-forme est d’éviter les charges de structure (gasoil, temps, usure de matériel…), comme les charges opérationnelles ».
Dans les parcelles éloignées, les traitements sont systématisés et la pratique de l’agriculture raisonnée y est limitée. Les assolements y sont également simplifiés. L’intérêt environnemental de l’échange de parcelles côtoie de près le bénéfice économique : « sur ces parcelles fragmentées, on n’est pas très bon dans le domaine environnemental. En matière d'agroécologie, on a tout intérêt à les rapprocher pour diminuer nos IFT, par exemple. Dans les fermes Dephy, on s’est bien rendu compte qu’il était difficile de mettre en application le dispositif Ecophyto 2018 … ».
Echangeparcelle.fr est donc un outil bien dans son époque, où les internautes – professionnels ou non – partageant un centre d’intérêt, ou tendant vers un objectif commun, sont preneurs de plateformes de mise en relation. AirBNB (logement) ou Uber (transport) en font partie, bien que leur modèle diffère légèrement, notamment par le paiement du service d’une partie à l’autre.

Les premiers échanges arrivent

Un mois après le lancement de la plateforme d’échanges de parcelles en culture, Echangeparcelle.fr enregistre actuellement 5 200 ha pour 550 parcelles, inscrites par 400 agriculteurs et viticulteurs français. Avec ces premières inscriptions, l'algorithme a détecté 130 échanges, directs ou à trois, proposés début janvier aux exploitants concernés.

« En moyenne, cela va permettre aux agriculteurs d’économiser 10 km de trajet entre la parcelle cultivée et leur exploitation. Il s’agit, pour l’instant, en majorité de parcelles de grandes cultures, toutefois quelques prairies et vignes sont concernées », précise un communiqué de presse.

Qu’est-ce qu’un échange de parcelles ?

FDSEA Conseil livre quelques éclairages sur cette pratique. Elle permet à des agriculteurs de s’accorder pour échanger une ou plusieurs parcelles, en vue d’une meilleure exploitation du fonds. Il peut être réalisé aussi bien par des agriculteurs propriétaires que locataires à condition, dans ce dernier cas, d’informer les propriétaires des parcelles concernées par l’échange. L’échange de parcelles repose sur un accord amiable des agriculteurs. Il est donc à différencier du remembrement, qui au contraire leur est imposé.

Avantages pour l’exploitant agricole :

  • Une meilleure productivité du travail (améliore la taille et la configuration des parcelles) ;
  • Une optimisation des transports et déplacements, et surtout des risques qu’ils génèrent (responsabilité en cas d’accidents) ;
  • Une diversification de la rotation lors des échanges entre producteurs de légumes et céréaliers ;
  • Une proximité permettant plus facilement de passer d’une conduite des cultures « sécuritaire  » (car distantes) à une conduite nouvelle pouvant nécessiter plus de surveillance.


Pour le propriétaire, si les biens sont loués :

  • Facilite le travail du locataire pour un meilleur entretien des terres ;
  • Contribue à la pérennité des exploitations agricoles : maintien des exploitations en place et facilite l’installation ou la transmission des exploitations.


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